Développer son Energie Interne par les Techniques Phosphéniques.
Techniques phosphéniques et Pratique martiale :
Comment le Phosphénisme Vous permet de développer votre énergie interne.

Partie III / Le mythe et les outils phosphéniques incompris des mythologues et des sociétés secrètes non initiatiques

par Daniel Stiennon Juin, 2012 Éditions Phosphénisme



 

3.1. Le mythe

 

Les différentes composantes du mythe semblent, en fait, donner le mode d’emploi des diverses façons de communiquer avec la puissance solaire : miroir et collier de perles placés devant la déesse lorsqu’elle sort de la grotte, attirée par le rire des dieux. Omoplate de daim soumise au feu : un des plus antiques procédés de divination. Les Chinois utilisaient une carapace de tortue enflammée. La planche résonnante s’applique à une technique liée aux rythmes sonores. On retrouve ces rythmes dans toutes les formes de prière et de méditation de toutes les cultures et traditions. La danse rapide indique l’importance des mouvements rythmiques que l’on donne au corps pour atteindre des états de transe. Les mouvements rapides se retrouvent également dans les danses traditionnelles africaines à vocation initiatique.

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Le mythe ne fait que décrire les principes essentiels permettant d’accumuler les rythmes à différents niveaux de l’organisme et du psychisme. Dans la pratique du shintoïsme, il existe des mouvements rythmés appelés funa-koshi qui sont des balancements antéro-postérieurs ponctués d’à-coups rythmés par les bras, ce qui renforce le rythme du balancement en provoquant un léger choc dans la colonne vertébrale, le tout soutenu par la répétition de "kiaï" rythmés. Après plusieurs séries de ce balancement, les shintoïstes pratiquent un autre exercice nommé furu-tama qui consiste à placer les mains paume contre paume pour produire de petites secousses rapides qui créent une vibration dans tout le squelette et notamment dans la colonne vertébrale. Ces exercices sont pratiqués face au soleil levant et au soleil couchant, ce qui permet de fixer le soleil ou ses reflets sur l’eau. On les retrouve tels quels dans la pratique de l’aïkido, parmi les exercices de préparation mais sans fixation de source lumineuse directe ou indirecte, alors que c’est là que se trouvent les fondements des arts martiaux.

 

 

3.2. Miroirs, joyaux, épées pour créer des phosphènes
et nourrir votre être de lumière polarisée

 

Le miroir et les joyaux font partie des trois trésors impériaux du Japon. Le troisième étant l’Épée Céleste qui rassemble les nuages ou celle qui arrête le feu dans les herbes, ce qui fait immédiatement penser à la puissance de l’eau. Amaterasu les donna à Ninigi-no-mikoto, son petit-fils, lorsqu’il fut envoyé sur la Terre. Le Kojiki et le Nihongi rapportent qu’en donnant le miroir, la déesse dit à son petit-fils : « Considère ce Miroir exactement comme si c’était Nous que tu vénères », ce qui est une confirmation de l’existence d’une relation entre le miroir et la déesse solaire.

Chaque village possédait son trésor et ce trésor se composait de sabres et de miroirs considérés comme sacrés. Au début de l’ère Heian, en 804, on trouve des miroirs déifiés. Si le miroir devint sacré, c’est sans nul doute parce qu’il permettait d’entrer en communication avec la puissance céleste qu’est le soleil, c’est-à-dire sa puissance spirituelle.

Notons aussi que le Dieu du Feu eut la tête tranchée par son père Izanagicar la naissance du dieu causa la mort d’Izanami, sa mère. Cela signifie qu’une partie essentielle de l’action du feu nous échappe.

 

Toutes les civilisations ont accordé une grande importance au feu et à la lumière dans leurs diverses manifestations. Mais à l’analyse, il apparaît nettement que ce n’était pas les aspects de chauffage et de cuisson que l’on vénérait et déifiait. Ici tombe donc la “ théorie ” qui voudrait que les premiers hommes aient pris le feu et le soleil comme dieux parce qu’il s’agissait de forces dont ils ne comprenaient pas la nature et qu’ils adoraient du fait de leur ignorance et par la crainte que le feu et le soleil leur inspiraient.

 

            Au contraire, les études faites sur la civilisation Arya, souche commune aux peuples indo-européens, montrent que l’aspect brillant du Soleil (Mitra) était considéré comme proche de l’Homme et prenait le sens “ d’ami ” (lié aux activités de l’Homme). L’aspect complémentaire était l’aspect “ obscur ” du Soleil (Varuna), considéré comme éloigné de l’Homme et de ses activités, mais correspondait au principe d’action de “ l’Ordre Cosmique ” - justice, domaine des Génies et des Morts. (Note : Georges DUMEZIL, Les dieux souverains des Indo-européens, éditions Gallimard.)

 

            La mythologie indo-européenne met donc en valeur deux aspects symétriques, au travers des notions de “ feu visible ” et de “ feu caché ” ; ce qui est corroboré, dans la mythologie Shinto, par le fait mythique que le dieu du Feu fut décapité par son père. La mythologie shinto fait donc également état d’un principe manquant ou non visible (décapitation) lié au feu et qui est essentiel puisqu’il s’agit de la tête, siège de l’intelligence et de la connaissance.

 

            Rien n’empêche d’identifier ce “ feu caché ” aux phosphènes, pour la formation desquels il faut faire face à un “ feu visible ” puisque pour les Indo-européens, Mitra et Varuna, bien que distincts, étaient inséparables l’un de l’autre et que physiologiquement, la fixation d’une source lumineuse produit systématiquement des phosphènes.

 

            De plus, Izanami pourrait très bien correspondre à la notion d’univers spirituel puisque la naissance nous coupe du monde spirituel, ce qui s’exprime dans le mythe par la mort d’Izanami, ou plus exactement la perte du contact avec le monde de l’esprit. Dans ce cas, Izanagi correspondrait à la contrepartie matérielle de l’Univers. La notion de Dieu du Feu serait alors l’expression d’un principe intermédiaire entre les deux mondes et permettrait, grâce à l’action de la lumière sur le cerveau, d’accroître les capacités intellectuelles et créatrices mais aussi la capacité de percevoir des plans imperceptibles à nos sens physiques.

 

            Si nous relisons librement cette symbolique, nous comprenons qu’il existe, dans le feu physique, un principe non matériel agissant sur l’intelligence et la connaissance. Et à partir des éléments de la culture Arya que nous avons rappelés, nous pouvons ajouter ceci : ce principe donne également accès à ce que toutes les traditions ont appelé “ les mondes invisibles ” ; il est le fondement de tous les mysticismes.

 

            Ce survol des religions asiatiques, qui ne peut être exhaustif, montre à travers différents aspects et au-delà des doctrines, une constante dans la pratique de rites et de cultes : ils sont tous liés à la lumière.

 

3.3. Le Phosphénisme, clé des rituels de chants, de danses, de mantras
par le rythme et ses lois spirituelles d'émergence de facultés supérieures.

 

L’étude du Phosphénisme permet de comprendre certains symboles contenus dans les mythes. Les mythes ont pour but de frapper l’esprit et de faire perdurer à travers les siècles certaines notions et pratiques. Ils sont une somme d’informations. Si au lieu de disserter sur les symboles, on cherchait à comprendre la relation qui existe entre eux et l’individu, nul doute qu’on accèderait à une connaissance très profonde de l’être humain. Si toutes les cultures et toutes les religions reposent sur les mêmes fondements, c’est parce que les humains sont les mêmes partout et qu’ils ont été semblables de tout temps. Et c’est là que se situe la véritable TRADITION : ce qui est commun à toute l’Humanité, quels que soient le lieu, l’époque où elle s’est développée et la forme que prennent leurs connaissances.

 

Le Phosphénisme permet également d’expliquer certaines pratiques qui nous paraissaient étranges jusqu’alors. Associés aux cultes solaires et aux cultes du feu, on retrouve toujours des chants, des danses, de la musique, des prières ou des invocations. C’est l’utilisation du RYTHME, notion essentielle dans la pratique du Phosphénisme car sans support rythmé, faire des phosphènes ne développe rien. C’est pourquoi, dans le mythe d’Amaterasu, l’importance du rythme est soulignée par la planche résonnante qui correspond aux instruments de percussion. Les tambours sont sacrés dans bien des cultures car ils créent des vibrations qui se répandent dans tout le corps.

 

Rythme porteur de la transe et de l'hyperconscience.

 

Lorsqu’on est porté par un rythme physique, celui-ci imprègne la pensée, ce qui provoque un état d’hyperconscience par synchronisation des rythmes cérébraux voire des états de transe et d’extase initiatiques. Cet état se caractérise par la sensation subjective de baigner dans des rythmes, dans la lumière et par des perceptions riches et très nombreuses, celles-ci ne relevant aucunement de l’imagination (sensations visuelles, auditives, cénesthésiques…). Le mythe fait également état de la danse d’une déesse, une danse sacrée qui relie les danseurs au monde de l’esprit, comme dans le cas de bien des danses africaines qui ont pour but de faire prendre conscience de “ l’Âme de la Forêt ” ou encore des danses de derviches tourneurs qui provoquent la sensation d’extériorisation de la conscience hors du corps.

Le rythme se rencontre aussi dans la prière de la religion Shinto qui consiste à lire les noms des Kamis contenus dans le Kojiki. En outre, lorsque le prêtre prie, il fait face à un feu et se balance tout en scandant le nom des cent huit dieux du panthéon shinto ce qui constitue un mantra très efficace qui produit des synchronisations neurologiques puissantes et qui permet donc de déclencher de nombreux phénomènes…

De même, la pratique de la méditation sans support rythmé n’apporte que les bienfaits d’une discipline mentale, mais cela ne permet pas un travail en profondeur. Rythme et phosphène vont de pair et stimulent les fonctions rythmiques du cerveau et du système nerveux dont nous ne nous servons pas par ignorance. Le mot méditation vient du latin meditatio qui veut dire exercice, donc travail mental.

Dans le cadre initiatique, la méditation consiste à rythmer la pensée en fixant une source lumineuse directe ou indirecte.

Dans la pratique des arts martiaux, ce sont les enchaînements de mouvements et les kiaïs qui donnent le rythme ; les katas, par exemple, sont une étude rythmique parfaite à associer aux phosphènes. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si au début de certains katas, le pratiquant symbolise le soleil par un mouvement circulaire des bras. Il arrive aussi que les mains viennent se placer au niveau des yeux et forment un triangle par lequel le pratiquant fixe le soleil, sans être gêné par ses reflets…

Dans la pratique du Kyû-do ou plus exactement Shadô, le tir à l’arc japonais, le dojo ouvre sur l’extérieur, donnant accès aux cibles. Une des règles du dojo est de maintenir le plancher “ toujours rigoureusement propre et luisant ”. Avant le tir proprement dit, de longs moments sont consacrés à la méditation et celle-ci s’effectue les yeux mi-clos. Le regard se porte donc sur les reflets du ciel sur le plancher lustré. L’exécution du tir n’a lieu qu’à partir du moment où le pratiquant se trouve dans un état d’hyperconscience, état dû à cette fixation et à la production d’un “ super phosphène ”.

 

Si l’on veut retrouver le sens profond des arts martiaux, il est donc essentiel de les pratiquer avec le principe qui leur a donné naissance, c’est-à-dire en introduisant le rythme et les fixations de sources lumineuses. C’est cette pratique traditionnelle, puisque constante, qui a produit bien des grands Maîtres.